Egalité des Genres

 

 

CONTRIBUTION DE FESADE DANS LA  LUTTE CONTRE LES VIOLENCES BASEES SUR LE GENRE AU CAMEROUN

Le genre est un concept qui se réfère aux rapports sociaux entre femmes et hommes, aux rapports de pouvoir, et aux différences sociales entre les femmes et les hommes. Les différences de genre étant la résultante d’acquis sociaux, elles sont susceptibles de changer. Sans une interdépendance et une coopération nécessaires les relations entre femmes et hommes ne peuvent-être construites sur des bases harmonieuses, volontaires et équitables. Cependant, les violences sexuelle basée sur le genre et notamment celle dont sont victimes les femmes, les filles, pose de graves problèmes dans les domaines de la sante publique et des droits humains. Les statistiques révèlent que :

 

§  De nombreuses filles et des femmes gardent le silence autour des violences sexuelles qu’elles subissent au quotidien.

§  S’inscrivant dans le cadre de la promotion de l’égalité des sexes, FESADE a initié au Cameroun des actions d’appropriation par les communautés des stratégies novatrices de lutte contre les violences favorisant la propagation du VIH/SIDA chez les femmes et les filles basées sur l’approche Genre transformative.

 

 

De nombreuses violences sont exercées à l’endroit des filles et des femmes et de multiples façons. Mais, nombre d’entre elles gardent le silence, probablement parce qu’elles n’ont pas les moyens et la capacité de s’y opposer mais peut-être aussi parce qu’elles ont peine à reconnaitre comment celles-ci s’installent subtilement dans leur vie, entrainant son lot de souffrances quotidiennes individuelles.

De manière générale, l’action de FESADE s’inscrit dans le cadre de la promotion de l’égalité des sexes. A cet effet, elle intègre l’approche genre transformative dans tous ses projets.

Projet de renforcement de l’appropriation par les communautés des stratégies novatrices de lutte contre les violences favorisant la propagation du VIH/SIDA chez les femmes et les filles (BACKUP/GIZ)

Le projet « Appropriation par les communautés des stratégies novatrices prenant en compte le genre dans la lutte contre les violences favorisant la propagation du VIH chez les femmes et les filles » entrepris par FESADE depuis deux ans a permis d’atteindre plusieurs résultats à savoir :

—  Le renforcement des capacités des OSC partenaires

La mise en place d’un réseau genre qui constitue une innovation organisationnelle en matière de santé et de genre favorisant une approche de proximité et la diffusion de l’information entre les OSC partenaires du réseau. Les OSC partenaires ont également restitué les connaissances apprises lors de la formation à leurs propres partenaires et réseaux.

—  Le plaidoyer auprès des autorités

Les contacts et échanges réguliers avec les autorités (Mme le Maire d’Ombessa, le Commandant de Brigade, le Médecin-Chef de l’hôpital d’Ombessa,le Sous-préfet) à Ombessa ont amélioré leur implication dans le projet  et leur soutien aux objectifs du projet ce qui a abouti à:

La réduction du coût du Certificat Médico-Légal

La campagne de plaidoyer menée à Ombessa conjointement par tous les acteurs du projet visait à faire baisser le coût du Certificat Médico-Légal (CML), document obligatoire pour porter plainte en cas de viol.

Au début du projet, le coût du CML était de 11 800 FCFA. Les populations ont alerté les CBVS, qui ont fait remonter l’information aux Points Focaux du Projet. Ceux-ci ont alerté FESADE et le Groupe de Travail. FESADE avec le groupe de travail a organisé une campagne de plaidoyer auprès des autorités concernées. Les membres du groupe de travail ont envoyé des lettres aux autorités concernées pour demander la réduction du coût et l’affichage du coût légal (1800 FCFA) sur les murs du Centre Médical d’Arrondissement d’Ombessa.

Aujourd’hui, une victime de viol paie 1800 FCFA.

 

·         La signature de la Charte par les autorités locales, dont le Sous-Préfet, la Maire d’Ombessa, le Médecin-Chef du CMA et le Commandant de Brigade.

Une campagne de plaidoyer menée auprès des autorités locales pour les encourager à soutenir les communautés dans leur engagement. Face à l’importance de la problématique et le bon résultat du travail des communautés, une grande journée de signature de la Charte a eu lieu le 19 avril 2012 à Ombessa.

La Charte est maintenant affichée dans tous les bâtiments publics (sous-préfecture, mairie et CMA) avec les signatures des autorités.

Cet engagement des autorités motivent les populations et leur donnent confiance pour agir contre les violeurs et continuer les sensibilisations.

Cette journée a également permis d’instaurer un dialogue sur ce sujet entre les représentants des populations et leurs autorités.

—  La mise sur pied d’un groupe de travail

Ce groupe de travail constitué des représentants des différents ministères et institutions étatiques a appuyé et accompagnéles initiatives communautaires en rapport avec le genre et le lutte contre les violences sexuelles et le VIH/SIDA.

·         L’existence et l’action du Groupe de Travail

Un groupe de travail uni qui  réfère les cas difficiles à gérer et dont les membres se soutiennent dans leurs différentes responsabilités. Par exemple, la représentante du ministère de la femme et de la famille et celle du ministère de la jeunesse gèrent ensemble  la répartition de la P.E.C Psychosociale des victimes.                                     

 

Un groupe de travail proactif qui identifie des besoins et travail pour apporter des solutions pérennes. Par exemple, un des problèmes récurrents sur le terrain était la non-disponibilité des ARV pour les victimes de viols lors de certaines périodes. Les membres du groupe de travail (Chef de Santé du District et Unité de prise en charge de Bafia) ont mis en place un système de poste avancé pour les ARV à Ombessa, avec notamment la distribution de Kits d’Urgence à l’hôpital.

 

·         L’engagement des communautés

L’engagement des communautés s’est mesuré en termes du nombre de personnes que les comités barrières contre les violences sexuelles et le VIH/SIDA (CBVS) ont réussi à sensibiliser, mais aussi en termes du nombre de signataires de la Charte d’engagement.

Au total, 27 victimes de viols ont été prises en charge au niveau médical et psycho-social et 11 victimes ont été aidées pour le dépôt d’une plainte à la gendarmerie de la localité

Au total, les CBVS ont sensibilisé 9105 personnes, dont 5175 Femmes et 3930 Hommes.1636 personnes ont signé la Charte d’engagement (pour un objectif initial de 500 signatures).

La mobilisation communautaire et l’engagement des populations.

Elle s’est effectuée au  travers d’un processus participatif  dans chacun des 5 villages ayant donné lieu à :

         Un dialogue communautaire inclusif (femmes, hommes, jeunes, etc.) sur les problématiques du viol, du VIH et de l’approche égalitaire

 

         L’élaboration des plans d’action communautaires de lutte contre le viol et le VIH et sélection des actions prioritaires

 

         La mise en place d’une structuration de la communauté pour mener la lutte. Adhésion des membres de la communauté aux CBVS et élection  démocratique du bureau composé de 6 femmes et 6 hommes.

Les changements de comportements perçus par les communautés elles-mêmes

Plusieurs focus groups menés auprès  des communautés ont montré: 

—  Augmentation des dénonciations contre les violeurs

—  Transfert rapide des victimes au CMA d’Ombessa (message d’amener les victimes à l’hôpital dans les 72 heures)

—  Diminution de la tolérance envers les auteurs membres de la famille (le viol est davantage perçu comme un crime)

—  Mise en pratique du dialogue au sein des familles (Approche égalitaire: l’avis de l’épouse est requis plus souvent qu’avant)

—  Existence d’une organisation sociale qui assure la prise en charge des victimes et la dénonciation des cas de viol.

Le projet a permis de montrer

—  Un modèle innovant qui permet de travailler à tous les niveaux de la société

—  Des méthodes qui permettent de briser les tabous et d’engager le dialogue

—  Une autonomisation et appropriation par les acteurs des actions à mener (Groupe de Travail)